Construction d’une bibliothèque pour le dosage des radionucléides

La bibliothèque est un élément essentiel du dosage.

Elle doit contenir, au minimum, tous les radionucléides prévus dans le catalogue des prestations, auquel il faut éventuellement ajouter :

·         Les radionucléides présents dans la chaine de désintégration (surtout en α),

·         Les radionucléides naturels ou identifiés dans le bruit de fond,

·         Les radionucléides, hors catalogue, mais utiles à l’étalonnage (surtout en γ).

1.    Valeurs de référence :

La bibliothèque va être construite à partir de valeurs de référence, on va utiliser les données nucléaires du LNHB et extraire ceux qui nous sont utiles :

http://www.lnhb.fr/donnees-nucleaires/donnees-nucleaires-tableau/

Exceptionnellement, des données non fournies par le LNHB peuvent se trouver dans la TORI (Table Of Radioactive Isotopes. http://nucleardata.nuclear.lu.se/toi/)

2.    Révision périodique des données :

Cette bibliothèque LNHB indique pour chaque nucléide, un « type » N,1,2 ou3.

Le type « 3 » étant une mise à jour majeur qui devra être répercutée sur votre bibliothèque.

3.    Table de référence

Cette bibliothèque, ainsi formée et vérifiée, sera la table de référence du labo.

Elle sera utilisée pour tous les étalonnages et elle sera suffisante pour les dosages α et β.

4.    Cas de l’étalonnage gamma

Comme dans tout étalonnage on va utiliser des étalons de référence dans la même géométrie que l’échantillon à analyser.

Pour construire des courbes d’étalonnage gamma, on va utiliser des sources cocktails (avec un mélange de plusieurs nucléides, quelque fois imposés par le fabricant, couvrant le domaine de mesure) et des sources mono radioélément.

En gamma, la chaine de mesure peut produire des effets indésirables lorsque le radioélément n’est pas mono-énergétique : c’est le phénomène d’apparition de pic-somme, qui a pour conséquence d’affaiblir le pourcentage de désintégration théorique. (On peut diminuer cet effet en réduisant l’activité de la source ou en augmentant la distance avec le détecteur).

5.    Table de travail gamma

La courbe d’étalonnage ainsi modélisée avec des radionucléides (surtout pour les sources cocktails), nécessite une correction pour compenser l’effet pic-somme.

En effet, une fois l’équation de la courbe de modélisation enregistrée, si on mesure un étalon avec un radionucléide ayant plusieurs raies, on ne retrouve pas l’activité exacte.

Pour effectuer cette correction, il existe des logiciels de coïncidence gamma-gamma et X-gamma, nécessitant l’établissement d’une courbe de coïncidence qui sera pratique et suffisante si vous avez toutes les sources utiles à ce nouvel étalonnage.

Si c’est dans vos possibilités, alors la table de référence suffit !

Si ce n’est pas le cas :

Au départ, la table de travail gamma, sera la copie de la table de référence décrite au paragraphe 3.

Pour chaque radionucléide multi-raies, on va se procurer un (ou deux) étalon, le mesurer en utilisant la table de référence (paragraphe 3) et recalculer le pourcentage de désintégration pour le rectifier dans la table de travail.

Les échantillons à mesurer seront exploités avec la table de travail.